
Je me vois pris parfois dans cet étau entre moi et moi-même où, englué dans les mailles du quotidien, empêtré dans mes peurs (manque de liberté intérieure), dans mes limites émotionnelles (manque d’amour de moi-même), dans mes ornières relationnelles (manque d’attentions à l’autre), je me sens comme un pauvre prisonnier. Puis, lorsque « la moutarde est retombée », la déception m’envahit : n’étais-je pas libre d’agir autrement ? Pourquoi de tels drames pour si peu de choses ? Pourquoi avoir dit ces mots blessants (que chacun connaît pour les avoir proférés ou reçus un jour en pleine figure) ? Et surtout, pourquoi envers toi – mon/ma chéri/e – avec qui j’ai choisi de bâtir ma vie ? Toi que je dis aimer et avec qui j’ai traversé toutes ces années ? Oui, je suis pris de dégoût !
Être pris de dégoût pour une attitude destructrice n’est-ce pas positif ? C’est faire l’expérience réaliste que je ne suis pas l’Amour ! C’est dans cette épreuve que vient se nicher une expérience vivifiante : celle de la miséricorde ! Malgré mon dégoût, le Christ m’appelle à poursuivre mon chemin avec lui, malgré tout. Accepterais-je de me regarder encore une fois comme lui me voit pour recevoir de lui une nouvelle chance ? Dieu nous accorde sans cesse une nouvelle chance, car rien n’est jamais perdu en Lui. Et ceci est une source inouïe d’espérance !
Si je parviens à me laisser regarder encore une fois avec tendresse et confiance par le Seigneur, par mon conjoint, et à me regarder moi-même avec indulgence, alors ces regards me font vivre réellement une expérience de résurrection.
Je demande au Seigneur, pour vous et pour moi, la grâce de pouvoir offrir avec joie une nouvelle chance à celles et ceux qui m’ont blessé.
Pascal Tornay